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Sommeil objets connectés & eHealth : état des lieux et perspectives ?

Témoignages  //  Ce qu’en pensent les professionnels de santé
Mardi 22 mai 2018

Sommeil objets connectés & eHealth : état des lieux et perspectives ?

Le développement des smartphones et des objets connectés (web 3.0) sur la décennie en cours a investi et est en train de modifier notre rapport à la technologie ainsi que plusieurs éléments de nos comportements de santé comme l’activité physique et le sommeil.  Sur cette période, une évolution se dessine où l’outil numérique et technologique opère une mutation passant du gadget au projet de support d’assistant de santé personnalisé incontournable.

 

1. Etat des lieux des objets connectés & Sommeil (et Santé)

Les objets connectés « bien-être » regroupent l’ensemble des dispositifs grand public type bracelet, montre, dispositifs placés dans le lit, ceinture, tissus spécifiques ou par extrapolation les applications de smartphone qui vont recueillir des informations de paramètres vitaux de votre organisme. Il est important de savoir que ces objets ou applications ne sont généralement pas qualifiés comme dispositif médical et ne remplissent pas le cahier des charges pour valider les normes médicales.

Classiquement les principaux signaux enregistrés pour le Sommeil sont le mouvement, le son, le pouls en plus des paramètres environnementaux comme l’heure, la luminosité. A l’aide d’algorithmes spécifiques, une étude globale est rendue à l’utilisateur avec un aspect visuel soigné et plus ou moins d’éléments techniques associés.

Ces données sont purement passives et observationnelles. Néanmoins, depuis quelque temps, certaines sociétés à travers leurs applications sur smartphones ou capteurs ou signaux supplémentaires vont proposer des conseils ou mêmes des actions visant à améliorer votre réveil (lumière et son en fin de cycle de sommeil) ou votre santé (sons spécifiques pour favoriser le sommeil récupérateur).

Dans les signaux supplémentaires, on retrouve le rajout de capteurs ou diodes permettant de récupérer un signal électroencéphalographique simplifié (EEG), électrocardiographique (ECG) ou une saturation partielle en oxygène par capillaroscopie. Ces éléments permettraient une détermination secondaire de l’hypnogramme (quantification des différentes phases de sommeil d’un individu). Ces innovations technologiques sont souvent en partenariat avec des centres de recherche médicaux, militaires ou aérospatiaux où la barrière entre le volontaire sain ou le patient peut être délicate et les objectifs multiples ou détournés.

Ainsi, en l’état actuel des connaissances, 3 remarques peuvent être faites concernant les OC et le sommeil :

Les objets connectés sont-ils fiables pour dépister et diagnostiquer des pathologies du sommeil ? NON

La stratégie repose sur l’analyse de symptômes évocateurs des pathologies du sommeil et sur la réalisation d’examens spécifiques du sommeil dont la polysomnographie représente l’examen le plus complet validé médicalement

Les objets connectés sont-ils utiles pour analyser les habitudes de sommeil ? OUI

La plupart des objets connectés testant le sommeil transmettent le temps de sommeil total total qui est un critère relativement fiable retrouvé dans des études scientifiques. Néanmoins il n’y a pas de données publiées pour tous les objets connectés du marché ce qui demande une certaine vigilance. Ce type de données peut être utile afin de compléter la réalisation d’un calendrier de sommeil où il sera facile de détecter si le sujet a une dette de sommeil (temps de sommeil normal > 7h30 par jour)

Les objets connectés sont-ils utiles pour mieux caractériser les patients ayant une pathologie du sommeil ? OUI

Les pathologies du sommeil sont souvent associées avec des comportements de santé déviants comme l’inactivité physique ou une mauvaise alimentation ou encore avec des problèmes de santé comme le diabète, l’hypertension artérielle, l’excès pondéral… Certains de ces éléments peuvent être dépistés par l’utilisation d’objets connectés ou alors d’applications mobile. Là encore, il n’existe pas encore de standardisation des procédures mais certains soignants peuvent être ouverts à l’utilisation de ce type d’outils pour mieux traiter leurs patients.

2. Perspectives technologiques et médicales

Comme énoncé précédemment, l’apparition et le développement technologique rapide de l’intelligence artificielle et du big data au sein du secteur médical est en cours de profondément modifier la recherche médicale et l’accès aux soins des individus. Les échanges patient/secteur médical et recherche/industries tant sur le plan pharmaceutique que l’équipement médical sont clairement modifiés et en cours de bouleversement.

L’ajout technologique de certains capteurs plus robustes et de qualité supérieure avec un recueil multimodal et simultané de signes vitaux apporte un intérêt médical certain pour l’usage de ces dispositifs au sein d’un parcours de soins ou en dépistage. On note une association synergique d’une fréquence d’échantillonnage de plus en plus élevée pour le qualitatif et sur une longue durée en vie courante avec feed-back pour une pertinence individuelle. Ceci est particulièrement pertinent sur le sommeil, où nos moyens technologiques actuellement validés sont souvent en utilisation en laboratoire de sommeil et sur une seule nuit d’évaluation. Par ailleurs, peu de place est faite sur un recueil multimodal de paramètres de santé associés à l’analyse du sommeil ce qui est paradoxal quand on sait que les troubles du sommeil sont souvent l’occasion de dépistage de maladies ou de comportements de santé déviants.

Du fait des investissements récents et des améliorations technologiques, on peut espérer une coordination et une coopération des outils et technologies afin de permettre un dépistage, suivi et prévention de l'individu ou patient en fonction des périodes de sa vie. Pour des populations spécifiques et en suivi personnalisé, le jumelage des datas entre l’hospitalisation ou lors d’un acte médical ou chirurgical et la gestion pré ou post événement par ces objets connectés pourrait améliorer les soins et prédire ou anticiper des risques ou complications évitables.

L’apport de ces technologies est évident dans cette quête individuelle et collective de la société pour l’amélioration de l’homme. A l’image de la correction sensorielle auditive ou visuelle par des implants électroniques pour les enfants déficients que l’adulte en déclin fonctionnel, qui peut rester insensible à l’idée d’amélioration neurocognitive ou du sommeil pour son quotidien? L’évolution de ces objets connectés nous renvoie vers le trans-humanisme.

 

3. Enjeux médicaux et sociétaux

L’arrivée rapide de ces technologies initialement considérées comme des gadgets puis des outils de technologie supérieure avec améliorations rapides, nous impose un défi majeur tant sur le plan de la sécurité des données de santé, de la composante de prédiction du risque de santé, que la question médico-légale et économique.

De nombreuses questions se posent sur la fiabilité véritable de la sécurité des informations personnelles et le positionnement au long terme par les GAFAs. L’affaire Cambridge analytica ou l’usage des données par les algorithmes pour des propositions personnalisées (voyage, achats en ligne,...) imposent une prudence indispensable pour le transfert de ces technologies sur le secteur de la santé. Une veille sociétale et juridique est obligatoire afin de préciser le cadre optimal pour l’individu et les populations afin d’interdire ou limiter un usage malveillant ou détourné de ces données.

 

Dr ARANDA Alexandre, Dr LABRUNEE Marc

Association IREST Toulouse

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